J'ai été beaucoup au cirque, quand j'étais plus jeune. Au cirque comme on l'imagine, ce cirque rouge et or où on voit des numéros spectaculaires et des animaux sauvages passer dans des cerceaux en feu. Et puis j'ai grandi, j'ai appris à aimer d'autres formes de beauté, plus épurées, plus suspendues, peut-être moins bruyantes. Mais je n'ai jamais perdu le goût du spectaculaire. Ce frisson partagé dans la salle, ce souffle coupé, ce silence qui précède l'envol. Titizé, c'est un mélange de tout ça. Un spectacle qui ne cherche pas à impressionner, mais qui impressionne quand même. Un spectacle où le spectaculaire ne vient pas seul, où il s'habille de poésie, d'élégance, de silence. Un spectacle où les WOAAAAA émerveillés se mélangent aux HAAAAA effrayés. Et où les sourires sont sur toutes les lèvres, adultes comme enfants.
Il y a Venise, partout. Dans les masques, dans la démarche, dans la manière qu’a le spectacle de jouer avec le mystère et la beauté. Cette élégance vénitienne qui glisse sur la scène, en filigrane, même dans les cabrioles les plus audacieuses. Car oui, il y en a. Des figures techniques, du mât principal aux acrobaties dans les airs. Jamais gratuites. Toujours au service d’une ambiance, d’un moment, d’un tableau. On est dans une Commedia dell’arte contemporaine, mouvante, qui respire. C’est parfois drôle, vraiment. Parfois surprenant, inattendu, et très original. Parfois hypnotisant, presque solennel. Mais jamais figé. Il y a un mouvement constant, un jeu de rythme, de tension, de silence aussi. On dirait presque une partition visuelle. Bienvenue dans le monde du rêve. Bienvenue à Venise.