Voilà un spectacle que j'ai vu plusieurs fois. Il faut dire que quand on voit le talent, parfois, on a du mal à ne pas reprendre une dose.
Et quand je parle de talent, je vous parle de quelqu'un qui est capable de ne pas chanter une seule note juste. C'est du grand art. C’est sans doute le plus remarquable chez Agnès Bove. Cette actrice a en effet une formation lyrique et chante merveilleusement bien (on l’entend chanter une véritable chanson à la fin de la pièce). Pourtant, tout au long du spectacle, elle ne chante pas une note juste. C’est faux, c’est admirablement faux. J’en suis restée bouche bée, car pour moi, seule quelqu’un qui ne sait pas chanter peut chanter aussi mal. C’est un comple, mais j’étais en admiration totale devant une voix aussi fausse ! Et là n’est pas le seul talent de l’actrice. Elle compose merveilleusement son personnage, de manière à ce qu’on soit aussi géné que son partenaire dans ses moments de doute, et que ce n’est pas de la pitié contrairement à ce qu’on pourrait penser, mais un réel sentiment d’attachement et de … compassion ? En tous les cas, le personnage est une réussite.
A ses côtés, Grégory Baquet, un acteur que je suis depuis des années. Ici, si l’acteur nous prouve une fois de plus son talent, il nous rappelle également l’excellent musicien qu’il est. Pianiste, chanteur, rien ne l’arrête. Il forme avec Agnès Bove un duo remarquable. Une complicité étonnante ressort de leur jeu, qui se ressent même un peu sur la photo ci-dessous. Plus qu’un attachement à leur personnage, ils semblent réellement attachés à leur partenaire, ce qui renforce les sentiments en jeu dans cette pièce ; affection, amitié, respect, admiration, tout en ressort plus beau, plus grand.