Qu’il est beau, ce spectacle hommage, comme un tombeau théâtral à cette Fleur à qui Stanislas Roquette doit tant. A l’écouter, il lui doit la découverte du théâtre et de la poésie, il lui doit d’avoir su vivre avec la maladie, il lui doit une sorte de libération face à l’épreuve de la rencontre avec la mort. C’est un récit initiatique où Stanislas apprend au côté de cette Fleur qu’il fait renaître auprès de lui, qui semble occuper tout l’espace de sa présence joyeuse. On la découvre pleine de vie et de fantaisie, et le spectacle se teinte alors de ses couleurs qu’il lui emprunte.
Loin d’être un spectacle égocentré comme je l’imaginais, Stanislas Roquette préfère nous présenter cette flamme qui semble l’avoir libéré du monde des morts dont il a fait partie trop soudainement. C’est un moment à la fois très frais et légèrement désuet, dans lequel Stanislas Roquette retrouve ses émotions d’alors, et nous les transmet aisément. C’est la littérature qui l’a aidé à surmonter les difficultés liés au diabète, et son récit est d’ailleurs truffé de références littéraires, poèmes et répliques de théâtre. Il profite du spectacle pour être à son tour un passeur : cela fait sourire les sachants, mais peut-être cela créera-t-il des vocations dans la salle, comme la sienne il y a plus de dix ans.