C’est lent. C’est ce que je me dis très vite, au tout début du spectacle. C’est lent, et ça n’a pas vraiment l’air de vouloir changer de rythme. C’est un spectacle qui prend son temps. C’est un spectacle qui s’inscrit à contre-courant de toute l’ère Michalik. C’est un spectacle qui ressemble à un vieux film.
Et je ne suis pas habituée, à ce rythme. Je me demande quand ça va vraiment « démarrer ». Quand le rythme va « prendre ». Mais il n’est pas question ici de démarrer ou de prendre. Il est question d’avancer tranquillement à ce rythme. Le plus chouette, c’est encore les airs d’accordéon. En fait, ce spectacle ressemble à ces airs d’accordéon. C’est légèrement désuet. Et au bout d’un moment, quand même, il se passe quelque chose. Un peu comme des yeux s’adaptent à l’obscurité, mon corps s’adapte à cette lenteur. A ce rythme nouveau. On s’y fait. On se met à battre en cadence. On se laisse porter. Pourquoi pas ?