Emmanuel est prof de maths en collège, et il veut dédiaboliser les maths. Il veut les rendre accessible et compréhensibles. Il veut montrer qu’on les utilise partout dans notre quotidien. Bel objectif !
Emmanuel est prof de maths en collège, et il veut dédiaboliser les maths. Il veut les rendre accessible et compréhensibles. Il veut montrer qu’on les utilise partout dans notre quotidien. Bel objectif !
Ça fait des années que j’entends parler de ce spectacle (il faut dire que ce titre est une grande réussite). Et ça fait des années que je me dis que pourquoi pas, mais en même temps que ça ne sert à rien, que je ne vais rien apprendre de nouveau. Mais je suis quand même intriguée. Comment les maths, qui font peur à tellement de monde, peuvent attirer autant de spectateurs ? Comment il fait ? Qu’est-ce qu’il y raconte ? Allez, cédons à la curiosité. Allons voir.
J’ai toujours voulu être prof de maths au collège. J’ai d’abord eu peur des maths, puis j’ai aimé ça quand j’ai eu des profs qui ont arrêté de les rendre inutilement compliqués, puis j’ai à nouveau eu peur des maths (quand on découvre l’algèbre linéaire, je pense que c’est une réaction à peu près humaine). Je sais ce que c’est que d’avoir peur des maths. Et je sais ce que c’est que de se sentir libéré de cette peur. J’aurais voulu pouvoir libérer quelques élèves. La vie a fait que pour l’instant, ce n’est pas mon quotidien. Mais pourquoi pas un jour.
Emmanuel, c’est son quotidien. Et on aurait vraiment aimé l’avoir comme prof. Dans Very Math Trip, il ne donne pas un cours. Il propose des problèmes, des « tours de magie » mathématiques, et un peu d’histoire des maths. Il est très bienveillant, invite tout le public à participer, à oser donner une réponse, sans jamais juger aucune des propositions qu’il entend, même les plus abracadabrantes. Tout le monde a le droit de s’essayer à l’exercice.
Mais ce qui est chouette, c’est qu’Emmanuel n’est pas juste un prof de maths qui donne un cours de maths. Peut-être est-ce grâce à son chapeau de professeur, mais en tout cas il faut reconnaître qu’il maîtrise la scène. Plus encore que les comédiens habituels, il maîtrise l’interaction. Il sait venir nous chercher, connaît le temps nécessaire pour qu’on tente une réponse (ok, il nous presse un peu) mais ne nous perd jamais dans une attente interminable. Il sait rebondir. Il sait capter son public. Il sait faire jouer le suspens et connaît le rythme idéal pour qu’une réponse tombe à pique. C’est le parfait équilibre entre le cours magistral et le spectacle. On en connaît qui devraient en prendre de la graine. Et des deux côtés !