J’aime le théâtre documentaire quand il est assumé. C’est le cas de ce Démocrate. Le message n’est pas caché dans une fiction, on nous le délivre sans fioriture, il est franc et sûr. Alors évidemment, on est au théâtre, donc il est incarné : nos deux comédiens endossent successivement le costume de ce cher Eddie, ils apostrophent le public, ils arrivent à nous faire rire de l’horreur qu’ils nous présentent. C’est un théâtre éminemment politique mais qui reste accessible avec des exemples parlants – et peut-être d’autant plus intéressant que les faits sont suffisamment anciens pour qu’on ait un véritable recul sur la genèse, le déroulé et la conclusion de chaque bataille menée par Bernays.
Au-delà de l’histoire d’Edward Bernays, en filigrane, un aparté dystopique nous montre un futur possible, comme un clin d’oeil à l’une des visions de notre maître es propagande lorsqu’il déclare « Les données seront la nouvelle richesse ». La manipulation des masses s’appuie sur une surveillance constante quelque part entre Big Brother et les Sims, dans laquelle les leaders ont tellement d’information sur le peuple qu’ils peuvent exercer un contrôle total sur leurs agissements. J’ai adoré cette proposition, que j’ai trouvée parfaitement intégrée et qui permettait de mieux associer le spectateur au spectacle.