
Entre parenthèses
Un appel de la brigade des mineurs fait tout remonter : une agression subie à neuf ans, longtemps tue. L’enquête s’ouvre, un procès hors norme se met en place, et la parole des victimes circule enfin. Entre scènes de tribunal et moments plus intimes, l’histoire suit un long chemin vers la reconnaissance et la réparation.
L'équipe artistique
Texte et mise en scène Pauline Bureau
Librement adapté du récit d’Adélaïde Bon La Petite Fille sur la banquise
Avec Sabrina Baldassarra, Salomé Benchimol, Maxime Dambrin, Rébecca Finet, Héloïse Janjaud, Sergio Longobardi, Céline Milliat-Baumgartner, Coraly Zahonero de la Comédie Française
Scénographie et accessoires Emmanuelle Roy
Costumes Alice Touvet
Composition musicale et sonore Victor Belin et Raphaël Aucler
Vidéo Clément Debailleul
Lumières Laurent Schneegans
Collaboration artistique Sabrina Baldassarra
Maquillages et perruques Françoise Chaumayrac
Assistanat à la mise en scène Clara Haelters
Cheffe opératrice tournage Florence Levasseur
Production / administration Claire Dugot
Diffusion, développement Emmanuel Magis, Mascaret production
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Pauline Bureau, c'est une metteuse en scène qui compte aujourd'hui. Je l'ai découverte comme beaucoup sans doute avec Mon coeur, cette pièce saisissante sur l'affaire du Mediator, il y a près de 10 ans maintenant. Dans Entre Parenthèses, c'est une autre affaire qu'elle met en scène, celle de "l'électricien" - c'est le nom inspiré du mode opératoire de cet homme accusé d'agressions et de viol sur plus de 70 petites filles entre 1983 et 2003. Un spectacle encore inspiré de faits réels. Un spectacle tout aussi saisissant.
Ce n'est vraiment pas mon sujet au théâtre, le viol. Ce n'est le sujet de personne mais ce que je veux dire c'est qu'il y a des gens que ça dérange moins, d'autres encore qui peuvent venir chercher ces émotions-là au spectacle. Moi pas spécialement. Je le redoute même plutôt. J'ai toujours du mal à dire "courez-y" devant un spectacle qui aborde ce thème. Parce que moi-même je tente généralement de m'échapper. De repousser. De mettre à distance. Sauf là. J'ai été captivée.
C'est pas souvent qu'un spectacle me met dans cet état. Que les larmes coulent silencieusement pendant le spectacle, et qu'elles continuent encore, aux saluts, dans le métro. Et à nouveau là, quand j'écris cet article. Pour moi, Pauline Bureau a su trouver l'angle parfait, les mots, les personnages, l'équilibre qu'il fallait. C'est un équilibre parfait. Entre une histoire et son sujet, entre la douleur et la colère. Le spectacle nous saisit de tous les côtés.
Il y a d'abord l'histoire, l'enquête, avec ce côté thriller genre ruban rouge sur un plan de Paris pour retrouver le violeur façon Engrenages. Mais je mentirais si je vous disais que ce spectacle adoptait les codes de la série. Ce n'est pas tout à fait vrai. C'est un spectacle qui prend son temps, qui laisse la place. Aux émotions, aux pensées, au dégoût. Au temps qui passe, aussi, et à ce qui se délite. Car au milieu de ça, toujours, partout, il y a LE sujet. Qui permet d'aborder des problématiques sociales, politiques, intimes, comme ça, insidieusement, juste au détour d'une phrase ou d'un tableau.
Rien n'est appuyé et pourtant toutes les images frappent. On traverse plusieurs phases en tant que spectateurs. Il y a la colère, il y a la chair de poule, on se découvre aussi parfois plus bousculés que prévu. Et puis l'espoir, aussi, quand même. Dans toute cette noirceur, Pauline Bureau laisse place à la lumière, au rire, à la vie qui revient. L'équipe qu'elle a réunie sur scène forme un corps collectif dont l'énergie nous traverse. Il y a quelque chose de puissant dans cette sororité, quelque chose qu'on reçoit physiquement. Elles se tiennent, ces femmes. Ça se sent. Et c'est beau. Et me voilà qui pleure encore.


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