📩 Nouvelle alerte : interview au format notifications.
💬 Contenu : réseaux sociaux, dopamine douce et théâtre connecté.
🎭 Expéditeur : L’Affiche.
✅ Statut de l’utilisateur : en ligne.
📌 [ALERTE TENDANCE] “Votre spectacle Like a été identifié comme un contenu viral. Explication ?”
C’est un spectacle qui circule bien et qui peut se diffuser un peu partout, cherchant à provoquer une épidémie de rires. Parce qu’il parle de nous, de choses qui nous touchent - des réseaux sociaux, certes, mais aussi de la difficulté d’être en couple, du manque de confiance en soi, tout cela avec un décalage humoristique. Sa bonne humeur peut contaminer beaucoup de monde… et quand on le voit, on a envie de le transmettre.
📌 [QUESTION FRÉQUENTE] “C’est une critique des réseaux sociaux ?”
Ni une critique, ni un éloge ! C’est une comédie, sur un terrain de jeu peu abordé au théâtre. Les réseaux sociaux induisent de nouveaux comportements chez chacun de nous, passionnants à observer. Par exemple, il y a vingt cinq ans, il ne nous serait jamais venu à l’idée de prendre une photo de l’assiette qu’on allait manger, et encore moins de la poster à nos amis. Ni de prendre une photo de nous à notre arrivée en vacances, pour l’envoyer à tous nos contacts, à la place d’un paysage sur une carte postale. Ces nouvelles habitudes, je les trouve drôles et touchantes, LIKE est une occasion de s’en amuser, mais la comédie amène aussi un prise de recul. L’idée, c’est de rire ensemble, sans aucun jugement.
📌 [ALERTE CLICHÉ] “Encore un spectacle qui critique les jeunes accros à leur téléphone ?”
Rien de moralisateur dans LIKE… Et puis il n’y a pas que les jeunes ! Cette addiction est devenue clairement transgénérationnelle. Mais ce qu’on a tendance à oublier c’est que si on y est accro, c’est qu’on y prend avant tout du plaisir. Le spectacle parle du bien être que ça procure, de la confiance en soi qu’on peut gagner à travers une exposition numérique. Le personnage principal n’est pas sur les réseaux au départ, puis elle s’y met par obligation professionnelle, et, contre toute attente, elle y prend goût. Ce parcours, beaucoup d’entre nous l’ont vécu, et plutôt avec bonheur ! On reçoit beaucoup de stimulations, on y nourrit sa curiosité, on crée du lien… Et on a parfois des petits shoot de confiance en soi agréable. C’est loin d’être seulement toxique.
📌 [MENTION DANS UN COMMENTAIRE] “J’ai ri, mais j’ai flippé.” Un avis ?
Notre monde d’aujourd’hui est flippant, et ce qu’il nous en reste, c’est le pouvoir d’en rire. C’est pour ça qu’on va au théâtre. Pour s’alléger. Pour changer de regard… Mais pas non plus pour fermer les yeux. Le théâtre, c’est un endroit où on peut mettre tout ça à plat, à distance, se reconnaître, rire, prendre conscience, et puis se demander : moi, je me situe où, là-dedans ?
📌 [SUGGESTION DE L’ALGO] “Vous avez aimé Like ? Voici d’autres contenus que vous pourriez apprécier…”
Ma série préférée en ce moment, c’est TED LASSO… Mais ça ressemble pas directement à LIKE, peut-être dans l’humour, parfois. Mes influences directes seraient plutôt certains épisode de la série Black Mirror, mais en version comique, le film Selfie… Et puis une pièce de Mayenburg, Le Moche, qui m’avait marqué. Mais au delà des références, j’avoue avoir essayé de faire un spectacle le plus original possible, qui ne ressemble pas aux propositions habituelles.
📌 [RECHERCHE ASSOCIÉE] “Peut-on être accro aux réseaux sans s’en rendre compte ?”
Je pense qu’on a souvent tendance à minimiser notre dépendance… même s’il y a toujours une partie de nous qui sait. Et c’est le cas quelle que soit l’addiction d’ailleurs ! On peut être accros à plein de choses. Au sport, au rangement, aux crêpes au chocolat, à ne rien faire… !
📌 [ÉTAT DU RÉSEAU] “À quel moment Like vous (a) fait buguer ?”
J’ai surtout ressenti de la joie. Le spectacle a évolué entre Avignon et Paris, je l’ai beaucoup retravaillé. Je n’ai pas l’impression d’avoir bugué, mais j’ai cherché. Beaucoup.
📌 [TRENDING] “Like, ça parle de TikTok, Insta et Twitter. Dans 10 ans, ça va encore nous parler ?”
En réalité, ça parle surtout de comment vivre dans ce monde quand on a un manque de confiance en soi, quand on porte une grande blessure d’enfance. Les réseaux sociaux sont un miroir qui nous injectent de la dopamine, apportant parfois une sorte de réconfort, mais hélas souvent illusoire, et provisoire. Un réconfort qui ne répare pas. Et je pense que ce sera pareil dans dix ans. Les réseaux changent, le mécanisme reste. Peu importe l’algorithme.
📌 [QUESTION EN ATTENTE] “Like, c’est un spectacle trangénérationnel ?”
Ah oui, totalement ! Il y a plein de familles qui viennent, et ça parle aussi bien aux plus jeunes qu’aux moins jeunes. Le spectacle peut être un point de départ pour des discussions, mais à la base, c’est surtout un moment de rire et de partage. L’objectif, je le répète, ce n’est surtout pas de faire la morale — juste d’ouvrir une porte, de tendre un miroir grossissant à certains de nos comportements. Quel besoins nos téléphones nourrissent-ils ? Et quand leur utilisation excessive devient néfaste, comment parfois nourrir ces besoins autrement ?
📌 [CULTURE GÉNÉRALE] “Si Like était une pièce classique, ce serait… ?”
Le Bourgeois Gentilhomme. Même si c’est très différent. C’est dans les deux cas l’histoire de quelqu’un qui cherche à se faire aimer, à se faire apprécier, et qui avance dans la vie avec une blessure, une sorte de complexe. Ce besoin éperdu de reconnaissance, on le retrouve à toutes les époques — et aujourd’hui, il prend souvent la forme d’une quête de visibilité quantifiable en likes ou en followers. Mais ce qui m’intéressait, c’est ce trait humain, universel, que les réseaux sociaux amplifient mais qu’ils n’en ont aucun cas créé.
📌 [NOUVELLE RÉACTION] “Ce spectacle va-t-il me faire supprimer mon compte Instagram ?”
Ce n’est pas du tout le but. Ce sont des outils, rien de plus. C’est comme un marteau : on peut bâtir une maison avec, ou se taper sur les doigts. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. Mais c’est important de garder en tête que ces outils sont conçus aussi avec l’objectif de nous rendre accros. C’est un marteau qui fait tout pour qu’on l’utilise tout le temps.
📌 [TENDANCE] “Si vous deviez décrire Like en un hashtag ?”
#jaimeraistellementêtrecool
📌 [CROSSOVER INATTENDU] “Si un personnage de théâtre pouvait être influenceur, ce serait qui ?”
Iago, dans Othello. Cynique, stratège, il saurait parfaitement manipuler les algorithmes. Sinon, pour une version plus lumineuse : le héros d’Un ennemi du peuple d’Ibsen, une des mes pièces préférées. Quelqu’un qui prend la parole pour défendre ses convictions, pour sauver l’intérêt général… quitte à se mettre à dos tout le monde. C’est un autre type d’influence.
📌 [CULTURE MEME] “Si Like était un emoji ?”
Un coeur brisé…
📌 [POP-UP INTRUSIF] “Vous acceptez les conditions générales de Like ?”
Complètement. On vient, on rit, ça dure 1h20, et généralement, on repart avec un grand sourire et l’envie d’y envoyer ses proches. Vous allez liker.
📌 [DERNIÈRE CHANCE] “Supprimez-vous votre compte insta après Like ? Oui / Non”
Pas du tout ! J’essaie de rester modéré dans ma façon d’utiliser les réseaux, mais je trouve que ça peut être une formidable vitrine pour promouvoir mon travail, mes pièces, mes films. Je ne m’en sers pas pour ma vie perso — c’est un choix. Mais chacun fait comme il veut, l’important c’est juste de savoir pourquoi on y est… et ce qu’on y laisse… Et je préfère évidemment les posts qui génèrent de l’empathie, de l’entraide, du partage, à ceux qui semblent nous hurler « ma vie est plus belle que la tienne ».
L’écran s’éteint. Plus de notifications… pour l’instant.
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